Débat devant le Medef
jeudi 27 août 2026 à 16 h 30 · LCI · 180 min
Les sept candidats ont échangé pendant trois heures sur des thématiques économiques, interrogés par des dirigeants de petites et moyennes entreprises, à partir d'une consultation menée auprès de 66 000 chefs d'entreprise (Franceinfo) . Les sujets abordés : dette, retraites, réindustrialisation, coût du travail, normes et fiscalité.
Regarder ou écouter
Participant·es : Gabriel Attal (Candidat·e · Renaissance) · Raphaël Glucksmann (Candidat·e · Place Publique) · Marine Le Pen (Candidat·e · Rassemblement national) · Jean-Luc Mélenchon (Candidat·e · La France insoumise) · Édouard Philippe (Candidat·e · Horizons) · Bruno Retailleau (Candidat·e · Les Républicains) · Marine Tondelier (Candidat·e · Les Écologistes)
Synthèse par participant·e
Synthèses rédigées automatiquement à partir de la retranscription, puis relues et corrigées avant publication. Les horodatages renvoient au début de l'enregistrement.
Gabriel Attal
Candidat·e · Renaissance
Positions défendues
- Bilan et « lucidité » : en introduction, il distingue des réussites des dernières années (baisse du chômage jusqu'en 2024, apprentissage, attractivité pour les investissements étrangers) et trois échecs : la fin de la politique de l'offre après la dissolution, le logement et le bâtiment, et l'échec de la simplification.
- Trois préoccupations : le moral des entrepreneurs, la politique commerciale chinoise « visant à couler notre industrie », et le défi de l'intelligence artificielle et de l'innovation.
- Dette : il fixe un cap de retour sous les 3 % en 2032 et l'équilibre en 2037. Il soutient que, selon l'INSEE, l'État a dépensé moins en 2024 que l'année précédente (annulation de 10 Md€ de crédits, doublement des franchises médicales, gels de crédits) et attribue la hausse du déficit aux dépenses sociales.
- Retraites : opposé à la suspension de la réforme de 2023, il prévoit la reprise de son calendrier, puis un « nouveau système universel » fondé sur la durée de cotisation et incluant un pilier de capitalisation.
- Coût du travail : il dit s'être opposé aux hausses intervenues depuis 2024 (4,5 Md€ prévus dans la copie Barnier, ramenés selon lui à 1,5 Md€) et cible en priorité la baisse des charges salariales pour rapprocher le net du brut, en s'adressant à « la classe moyenne qui bosse ».
- Fiscalité : il revendique la baisse de l'IS de 33 à 25 %, la flat tax et la suppression de l'ISF, et propose une loi de programmation fiscale sur dix ans, sans toucher au crédit d'impôt recherche ni au pacte Dutreil, avec une baisse de la CVAE.
Propositions
- Généraliser la méthode employée pour Notre-Dame en matière de délais, et réserver des règles plus strictes à un nombre limité de sites.
- Exempter d'études environnementales les projets d'extension sur une emprise industrielle déjà détenue.
- Inscrire dans la Constitution un principe de rapidité (silence de l'administration valant acceptation au bout de deux mois) et un écrêtement des recours, avec une réponse au porteur de projet en 18 mois maximum.
- Instaurer un « spoil system à la française » à la tête des administrations.
- Remplacer le code du travail par un texte de principes renvoyant aux branches et aux entreprises.
- Réforme du logement : statut du bailleur privé, simplification des règles de construction, main donnée aux maires sur l'attribution des logements sociaux, possibilité d'achat du logement social par ses occupants.
- Rationalisation de l'organisation territoriale et recours à l'IA dans les administrations.
Échanges marquants
- Avec Jean-Luc Mélenchon, dès l'introduction, sur les propos attribués à Manon Aubry qualifiant des entrepreneurs de « nuisibles et de parasites », puis sur l'annulation de la dette.
- Avec Marine Le Pen, sur les votes du RN contre des mesures d'économies : « Vous êtes celle qui vient aux âgés, qui vote contre toutes les provisions, toutes les économies, mais qui se plaint que l'ascenseur soit en panne » [00:51:21].
- Avec Marine Tondelier, échange vif sur le fonds vert et le leasing social, dont il revendique la création.
Citations
- « Parce que quand nos entrepreneurs craquent, c'est le pays qui craque. » [00:18:51]
- « On écrit non pas un code du travail avec des milliers de pages, mais une constitution du travail de 50 pages avec les grands principes. » [01:29:50]
- « Une entreprise, elle se pilote pas au rythme des amendements parlementaires, tous plus délirants les uns que les autres. » [02:53:25]
- « Beaucoup ont renoncé à un objectif de croissance. […] notre objectif […] c'est de faire grandir le gâteau. » [02:57:56]
En conclusion, il affirme que « l'écran de fumée Bardella est définitivement tombé » et appelle à assumer une stratégie de croissance.
Raphaël Glucksmann
Candidat·e · Place Publique
Positions défendues
- Souveraineté et refus du déclassement : dès son introduction, il reprend le thème du « courage » choisi par le MEDEF pour dénoncer le manque de courage des dirigeants français et européens face au climat, à la concurrence chinoise et aux géants de la tech américaine, qui transformeraient la France en « colonie numérique ». Il oppose l'ouverture d'un parc Dragon Ball Z financé par l'Arabie Saoudite à l'abandon d'une gigafactory de panneaux photovoltaïques à Fos-sur-Mer.
- Origine de la dette : il l'attribue d'abord à la désindustrialisation et non au train de vie de l'État, tout en admettant la nécessité d'économies et d'une taxation des plus hauts patrimoines.
- Retraites : il annonce l'abrogation de la réforme de 2023, jugée injuste, mais dit assumer la nécessité d'une réforme ultérieure fondée sur la pénibilité et l'inégalité d'espérance de vie en bonne santé.
- Travail : il estime que le travail ne paie plus assez, y voit une menace démocratique, et défend une société « de travailleurs » plutôt que « de rentiers et d'héritiers ».
- Normes : il refuse la dérégulation générale tout en admettant la nécessité de supprimer les normes inutiles.
Propositions
- Un « nouveau contrat patriotique » à trois axes : révolution écologique, société de travailleurs, révolution technologique.
- À l'échelle européenne : une loi « acheter européen » mobilisant les 2 000 milliards d'euros de commande publique, des mesures miroirs imposant aux importations les normes appliquées aux producteurs européens, le choix de filières stratégiques contrôlées « de A à Z », un « projet Manhattan » sur l'intelligence artificielle.
- Conditionner l'avancée sur la sécurité collective européenne à une réorientation des politiques industrielles et commerciales de l'UE.
- Baisse de la CSG sur les salaires, financée par une taxation accrue des « méga-héritages », présentée comme n'affectant pas 99 % des successions ; réforme du pacte Dutreil au-dessus d'un seuil élevé, par référence au modèle allemand.
- Un « nouveau pacte social » inspiré de l'Allemagne : place accrue des travailleurs dans l'entreprise, conditions de travail et santé mentale au travail.
- Un guichet unique et la non-répétition des demandes d'information administratives.
Échanges marquants
- Avec Marine Le Pen : il lui reproche de répondre « les immigrés et l'Europe » à une question sur la dette, et rappelle les votes de ses députés au Parlement européen et à l'Assemblée sur les colis chinois et le travail forcé.
- Avec Gabriel Attal et Édouard Philippe : il conteste leur bilan, évoquant « mille milliards de dettes supplémentaires sans créer le moindre actif », et leur oppose l'impréparation de l'été face aux incendies et aux canicules.
- Avec le MEDEF : il juge que l'organisation a commis « une erreur » en n'aboutissant pas à un accord lors du conclave sur les retraites.
Phrases marquantes
> « Je ne veux pas, pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attraction pour tycoon américain, oligarque russe, dignitaire du parti communiste chinois ou émir du Golfe. » [00:09:04]
> « Vous voulez résorber la dette ? Eh bien il faut rapatrier des usines, il faut faire en sorte qu'on produise dans notre pays. » [00:45:48]
> « La norme, c'est comme le cholestérol, il y a de la bonne norme, il y a de la mauvaise norme. » [02:29:32]
> « On est en train de recréer une société de privilège, une héritocratie au lieu de la méritocratie. » [01:54:01]
Marine Le Pen
Candidat·e · Rassemblement national
Cadre général et ton des interventions
Marine Le Pen participe à l'ensemble des séquences du débat (dette, retraites, réindustrialisation, coût du travail, normes, fiscalité). Elle ouvre son propos introductif en constatant que « tous les indicateurs économiques [ont] viré définitivement aux rouges » et appelle à « l'union des salariés et des entrepreneurs ». Elle défend la notion d'« identité économique de la France », qui reposerait selon elle sur trois piliers : les entreprises, la nation et l'État.
> [00:13:42] « L'économie n'est pas hors sol. L'économie s'inscrit dans une histoire, elle s'inscrit dans des institutions, elle s'inscrit dans la psychologie d'un peuple. »
Dette et finances publiques
- Elle affirme que la dette sera remboursée et se dit favorable à l'inscription d'une règle d'or dans la Constitution.
- Elle annonce la présentation, avant le débat budgétaire (« la deuxième semaine d'octobre »), d'une trajectoire de redressement comportant 125 milliards d'euros d'économies.
- Pistes citées : les agences de l'État (« 1200 »), le coût de l'immigration, et la réduction de la contribution nette à l'Union européenne à « pas plus de 5 milliards ».
> [00:35:33] « À chaque fois qu'il s'agit de parler de la dette, beaucoup de beaux mondes proposent que ce soit les autres qui fassent un effort. Moi, il m'apparaît que le premier qui doit faire un effort, c'est l'État. Et il doit baisser drastiquement son train de vie. »
Retraites
Elle refuse une approche « comptable » et part du constat d'un taux d'emploi trop bas, notamment chez les jeunes (premier emploi effectif à 27 ans, 15 points de retard sur l'Allemagne). Sa proposition : ceux ayant commencé à travailler à 20 ans cotiseraient 40 ans et partiraient à 60 ans, avec une progressivité jusqu'à 42 ans de cotisation et un âge légal de 62 ans. Elle propose aussi de supprimer les cotisations retraite et chômage pour ceux qui poursuivent au-delà de l'âge légal. Elle chiffre la réforme à 9 milliards d'euros en année pleine.
> [00:40:36] « C'est un choix de société, mesdames et messieurs. […] Assumons les choix de société. Moi, je les assume. »
Réindustrialisation, normes et fiscalité
- Foncier : elle indique que 90 % des intercommunalités n'ont plus de foncier disponible et propose que toute implantation industrielle soit considérée comme un « projet d'intérêt national majeur », avec mobilisation des 150 000 hectares de friches.
- Fiscalité des entreprises : suppression (et non baisse) de la CVAE, de la CFE et de la C3S ; réflexion sur un impôt sur les sociétés progressif ; maintien du pacte Dutreil, conditionné à dix ans de production sur le territoire national ; suppression d'environ 130 à 140 impôts jugés improductifs ; suramortissement pour la robotisation et la numérisation.
- Commande publique (200 milliards/an) fléchée via un critère de territorialité.
- Normes : elle cite la CSRD, le ZAN, le DPE, la RE2020 et la CS3D, dénonce les surtranspositions (exemple de la transparence des salaires appliquée dès 50 salariés au lieu de 100) et propose des ordonnances de suppression, en s'appuyant sur des « comités de filières ».
Coût du travail et énergie
Elle estime qu'« en l'état » de la situation budgétaire, le coût du travail ne peut être allégé davantage, rappelant que les exonérations sont passées de 21 à 77 milliards. Elle privilégie la baisse des « dépenses contraintes » : TVA de 20 % à 5,5 % sur l'énergie et retour à un prix de production français de l'électricité. Elle se déclare opposée à la TVA sociale, jugée pénalisante pour les retraités, les chômeurs et les jeunes.
Échanges marquants
- Avec Raphaël Glucksmann, qui l'accuse de ramener la dette à l'immigration et à l'Europe et lui reproche des votes contre la taxe sur les petits colis.
- Avec Gabriel Attal, qui lui reproche d'avoir voté contre plusieurs réformes d'économies ; elle réplique en invoquant « 1 000 milliards d'euros de dette supplémentaire » sous Emmanuel Macron.
- Avec Jean-Luc Mélenchon, qui l'interroge sur le financement des suppressions d'impôts locaux.
- Avec Édouard Philippe, à propos de son ouvrage sur la simplification.
- Elle ironise sur les responsables ayant « participé aux majorités depuis dix ans » et proposant désormais des idées jamais mises en œuvre.
En conclusion, elle refuse de désigner une mesure unique, évoquant « un plan de relance massif de l'économie » couplé à « un plan d'économie massif sur la dépense publique », et renvoie au contre-budget élaboré par sa formation.
Jean-Luc Mélenchon
Candidat·e · La France insoumise
Contexte
Jean-Luc Mélenchon est l'un des sept candidats présents. Il intervient dans l'ensemble des séquences (introduction, dette et retraites, réindustrialisation, coût du travail, normes, fiscalité, conclusion) et se voit à plusieurs reprises rappeler les règles de temps par l'animatrice.
Positions défendues
- Cadre général : il situe les cinq prochaines années dans un contexte de chocs — changement climatique perturbant les chaînes de production et l'assurance, risque de crise financière (« bulle numérique » ou dette des États), bascule du monde vers l'Asie chinoise et risque de guerre.
- Rôle de l'État : il conteste l'idée d'un État dispendieux, affirmant que « la dépense française est dans la moyenne européenne pour l'État » et que la quasi-totalité de la dépense publique est redistribuée. Il défend « le retour de l'État » et la planification écologique.
- Dette : il précise que sa proposition d'annulation vise la dette détenue par la Banque centrale européenne, présentée comme « une dette à nous-mêmes », et à porter au niveau européen.
- Aides aux entreprises : il évoque des chiffrages de 120 à 210 milliards d'euros et pose le principe « plus d'aides sans contrepartie ».
- Retraites : il annonce l'abrogation de la réforme, un retour à 62 ans puis, « le plus vite possible », à 60 ans, et défend l'universalité des droits. Il souligne que le temps des retraités est du « travail civique », familial et associatif.
- Salaires : il appelle à augmenter les salaires et le SMIC, rappelant que la consommation populaire représente selon lui 55 % du PIB.
- Europe et Chine : il estime nécessaire de modifier les traités européens et annonce vouloir désobéir aux règles européennes contraires aux intérêts français ; il plaide pour une discussion et un « échange équitable » avec la Chine plutôt qu'une logique d'affrontement.
- Normes : il s'oppose à la dérégulation, citant la Banque mondiale (France dans les 15 % de pays où il est le plus facile de faire des affaires) et le coût sanitaire de la malbouffe (9 milliards pour le diabète, 19 milliards pour les particules fines) ainsi que les morts au travail.
Propositions
- Planification écologique, économie circulaire et « mines urbaines » ; filières citées : textile, bois, ferroviaire, avion spatial, captation de l'énergie marine.
- Création d'un pôle public bancaire pour un crédit « facile et fluide ».
- Fiscalité différenciée entre bénéfices réinvestis et dividendes ; impôt sur les sociétés progressif.
- Nationalisation d'ArcelorMittal, votée selon lui à l'Assemblée nationale.
- Rénovation des passoires thermiques et révision de l'« architecture irresponsable ».
- Filière du CAP à la licence professionnelle, en rappelant que 50 % d'une classe d'âge passe par la voie technologique, professionnelle ou l'apprentissage.
- Opposition à la TVA sociale et à la retraite par capitalisation.
Échanges marquants
- Avec Édouard Philippe, qui juge ses propositions sur la dette « extrêmement dangereuses » ; avec Gabriel Attal, qui lui demande des excuses pour des propos de Manon Aubry.
- Avec Marine Le Pen, sur le financement : « Vous supprimez les impôts de production au niveau local ? Qui va compenser cette somme ? » [01:10:23]
- Sur la fiscalité : « Trouvez-vous normal que Monsieur Mittal (…) Combien paye d'impôts, Monsieur Mittal ? Zéro. » [02:39:47]
Citations
- « Si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession. » [00:17:22]
- « Il n'aide pas l'économie, il la surveille. Ce n'est pas la même chose. » (sur le comportement bancaire) [00:27:57]
- « La santé [est] la prochaine frontière de libération de l'humanité. » [02:20:18]
- En conclusion : « Une mesure pour relancer l'économie, demandez ça à l'enchanteur Merlin mais pas à moi. » [02:58:49]
Édouard Philippe
Candidat·e · Horizons
Contexte
Édouard Philippe intervient tout au long de ce débat organisé par le MEDEF et LCI, réunissant sept candidats. Il prend la parole en troisième position lors des propos introductifs, puis sur chacun des thèmes abordés (dette, réindustrialisation, coût du travail, normes, fiscalité).
Diagnostic et positions défendues
- État de l'économie : il décrit des entreprises « inquiètes », un « refus d'investir » et des difficultés de recrutement, tout en refusant de s'en tenir au constat : « je suis convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas » [00:11:08].
- Trois conditions posées en introduction : des comptes publics en ordre, la liberté laissée aux entreprises de créer de la richesse, une grande politique d'infrastructures.
- Dette : il qualifie la proposition d'annulation défendue par Jean-Luc Mélenchon d'« extrêmement dangereuse », évoque le précédent grec et un risque de « lent étranglement » du pays.
- Dépense sociale : il la présente comme le poste où la France dépense le plus par rapport à ses voisins, citant un écart de 3 points de PIB avec l'Allemagne sur les retraites.
- Coût du travail : il souligne un écart de compétitivité surtout au-delà de 2,5 fois le SMIC, sur les emplois qualifiés. Il développe une lecture historique du salaire médian (15 ans pour doubler son niveau de vie dans les années 1950, une vie de travail dans les années 1990, deux aujourd'hui) et en tire une conclusion démocratique.
- Europe : il plaide pour une « logique de puissance », l'achèvement du marché commun et l'Union des marchés de capitaux, et critique l'accord commercial signé par Ursula von der Leyen avec Donald Trump.
Propositions
- Suppression de 50 milliards d'euros d'impôts de production, financée par la suppression de 50 milliards d'aides aux entreprises.
- Maintien intégral du pacte Dutreil et fin de la surtaxe sur les grandes entreprises.
- Allongement de la durée du travail, « plus pour ceux qui le peuvent », en tenant compte de la réalité des métiers ; instauration d'une règle contraignant le Parlement à l'équilibre des finances publiques (« quelque chose qui s'apparente à une règle d'or »).
- Moratoire normatif après l'adoption du premier budget, ordonnances de suppression de normes, interdiction des sur-transpositions de directives européennes. Il indique avoir chargé Christelle Morançais d'une tournée auprès des acteurs économiques pour identifier les textes à modifier.
- Élargissement de l'assiette de financement de la protection sociale, pour qu'elle ne repose plus quasi exclusivement sur le travail.
- Obligation pour les entreprises chinoises de produire dans la zone euro les biens qu'elles y commercialisent ; fermeté européenne sur les petits colis.
- Priorité à la formation, à l'éducation et à l'apprentissage, dont il déplore la remise en cause de la réforme.
Échanges marquants
- Avec Jean-Luc Mélenchon, sur l'annulation de la dette : « Vous expliquez qu'on va brûler la dette et vous allez faire en sorte que la France finisse interdit bancaire » [00:31:11].
- Sur le financement des comptes publics : « Ces comptes en ordre ils doivent être remis en ordre non pas en augmentant les impôts mais en acceptant collectivement de travailler plus » [00:11:41].
- Sur le pouvoir d'achat : « il n'y a pas d'exemple de démocratie qui résiste à l'affaiblissement durable des classes moyennes populaires » [01:49:38].
- Avec Marine Le Pen, qui l'interroge sur ses écrits relatifs à la simplification, il conteste l'interprétation donnée et explique que les normes naissent souvent d'une demande, d'un accident ou d'un scandale.
- Sur l'Europe : « Je préfère mille fois ce qu'a dit le Premier ministre canadien au traité piteux que Mme von der Leyen a été signer en Écosse avec M. Trump » [01:19:33].
Conclusion
Interrogé sur sa première décision en cas d'élection, il répond qu'il faudra réviser le budget qui aura été adopté, jugé par avance incohérent faute de majorité, et « remettre de l'ordre » dans le dispositif budgétaire. Il termine sur un appel à la confiance, évoquant les « pépites » rencontrées dans les territoires.
Bruno Retailleau
Candidat·e · Les Républicains
Contexte
Bruno Retailleau (Les Républicains) — dont le nom apparaît sous plusieurs graphies dans la retranscription automatique — ouvre le débat par la première prise de parole introductive et intervient sur l'ensemble des thèmes abordés : dette, retraites, réindustrialisation, coût du travail, normes et fiscalité.
Positions défendues
- L'État comme problème central : dans son introduction, il désigne l'État bureaucratique comme le premier obstacle pour les entreprises, devant la concurrence ou les mutations technologiques, évoquant un État qui « dévore plus de 57% de la richesse » et une « chasse » aux chefs d'entreprise.
- Diagnostic sur la situation du pays : il affirme que la France est « au bord de la faillite », que le niveau de vie des Français est passé sous la moyenne européenne, et impute cela à deux « boniments » : « travaillez moins et vous vivrez mieux » (35 heures, retraite à 60 ans) et l'idée que la dépense publique garantit de bons services publics.
- Volume de travail : il estime qu'il manque « trois semaines par rapport aux Européens dans une année » et « trois années dans une vie ».
- Énergie : il conteste avoir proposé un moratoire sur les renouvelables, indiquant vouloir cesser de les subventionner, et défend le nucléaire comme socle de la souveraineté et de la compétitivité énergétiques.
- Aides aux entreprises : il exprime sa méfiance envers le chiffrage de 210 milliards d'euros d'aides, estimant que ce total mélange allègements de charges et taux réduits de TVA.
Propositions
- Retraites : assumer un âge légal de départ, créer un étage de capitalisation (« capitalisation populaire ») en s'appuyant sur l'exemple de la fonction publique, et indexer l'âge de départ sur l'espérance de vie via un mécanisme proportionnel. Il annonce dévoiler sa réforme « dans quelques jours ».
- Dépense publique : réduire de 250 000 à 300 000 le nombre de fonctionnaires, réserver le statut au régalien et recourir au contrat ailleurs, supprimer des agences et opérateurs, les autres devant justifier leur raison d'être tous les trois ans. Objectif : équilibre en cinq ans.
- Coût du travail : allègement des charges dès la première heure, puis « zéro cotisation » salariale et patronale à partir de la 36e heure (« 35% de coût du travail en moins », soit selon lui environ 3 500 euros nets par an pour un salaire médian). Plafonner à 70% le total des prestations sociales.
- Fiscalité : 40 milliards d'euros de baisse de charges et d'impôts de production (C3S, CVAE, CFE sur l'outil de production, forfait social) dès les premiers mois, gelés sur cinq ans ; maintien du pacte Dutreil et du crédit d'impôt recherche ; impôt de transmission différé, payable seulement à la vente ; exonération des dons jusqu'à 150 000 euros.
- Normes : suppression par ordonnances d'une centaine de normes « les plus stupides » (seuils, ZAN), loi organique interdisant toute surtransposition, révision constitutionnelle pour abroger le principe de précaution.
- Logement et natalité : réserver le logement social à ceux qui travaillent ; prise en charge par l'État des taux d'intérêt des emprunts (50%, 75%, 100% selon le nombre d'enfants).
- Travail : sortie possible des 35 heures par accord d'entreprise ou de branche, et réduction du code du travail à une cinquantaine de fondamentaux, en référence à Robert Badinter.
Échanges marquants
- Avec Marine Tondelier, sur les renouvelables : « Je n'ai jamais proposé le moratoire sur les énergies renouvelables » [01:35:06], qualifiant son projet de « décroissance ».
- Avec Jean-Luc Mélenchon, sur la capitalisation : « il est vraiment le candidat du Yaka Fokon » [01:55:08].
- Critique du bilan macroniste : « Le double quinquennat des belles macrons est un échec » et « moi, j'en ai marre du en même temps » [01:36:37].
Citations
- « Le premier problème, c'est l'État, c'est l'État bureaucratique. » [00:06:13]
- « Il faudra, non pas des réformes, il faudra une rupture, une rupture pour changer le système. » [00:07:02]
- « C'est plus une politique fiscale, c'est une punition fiscale. » [02:40:47]
- « Il y en a marre de cet État, vorace, qui taxe tout ce qui bouge. » [02:22:50]
Marine Tondelier
Candidat·e · Les Écologistes
Marine Tondelier (Les Écologistes) — synthèse de ses interventions
Positions défendues
- L'écologie comme condition de la liberté : dans son introduction, elle file la métaphore du skipper du Vendée Globe, qui « dépend de son écosystème » et ne peut décider que le récif n'existe pas. Elle applique ce raisonnement aux limites planétaires et à l'activité économique.
- Le coût de l'inaction climatique : elle affirme que « l'inaction climatique […] coûte 5 fois plus cher que l'action » et cite l'exemple des canicules.
- Justice sociale et fiscale : elle évoque « 11 millions de pauvres » et « 1,5 million de travailleurs pauvres », des chiffres sur les privations alimentaires chez les salariés au SMIC, et estime que le pays n'a « jamais été aussi proche d'une rupture du pacte social ».
- Opposition à la réforme des retraites de 2023, qu'elle propose d'abroger, invoquant la suppression de quatre critères de pénibilité et la hausse des accidents du travail.
- Défense de l'industrie et de la souveraineté : elle cite son soutien aux salariés d'ArcelorMittal et met en avant l'enjeu de dépendance à la Chine et aux États-Unis pour l'acier.
- Distinction entre simplification administrative et dérégulation environnementale : elle accepte la première, refuse la seconde.
Propositions
- SMIC porté à 2 000 euros brut, assorti d'un plan d'aide aux TPE et PME.
- Baisse du taux réduit d'impôt sur les sociétés, prêt long terme à taux zéro pour les investissements de réduction des émissions, guichet unique d'accompagnement des PME et ETI, recentrage du crédit d'impôt recherche vers les PME et ETI.
- Quotas de matériaux bas carbone dans la commande publique européenne (2 000 milliards d'euros), extension du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, soutien aux usines implantées en Europe.
- Réforme — et non suppression — du pacte Dutreil, au motif que les deux tiers des avantages iraient à 1 % des bénéficiaires.
- Rééquilibrage de la fiscalité entre PME (21 % d'imposition implicite selon elle) et grandes entreprises (14 %).
- Règle de simplification : « l'État ne devrait pas vous demander une information qu'il a déjà » [02:10:17].
- Renforcement de la recherche publique, jugée nécessaire à la R&D privée (1,4 % du PIB en France contre 2 % en Allemagne, 2,8 % aux États-Unis).
Échanges marquants
- Avec Gabriel Attal, échange vif et à plusieurs reprises simultané sur le fonds vert et le leasing social : il revendique leur création, elle affirme que le premier a été « divisé par quatre » et le second doté de « zéro euro ».
- Avec Bruno Retailleau, sur le moratoire qu'elle lui prête concernant les énergies renouvelables — qu'il conteste — et sur sa proposition de plafonner les aides sociales, qu'elle juge « très stigmatisant ».
- Avec Marine Le Pen, sur l'immigration, en s'appuyant sur un rapport du MEDEF relatif aux besoins de main-d'œuvre à l'horizon 2050.
- Sur la méthode de simplification proposée par Gabriel Attal : « Notre-Dame avait brûlé et j'ai l'impression que votre politique c'est d'attendre que ça brûle et puis d'après de reconstruire » [01:30:20].
- En introduction : « Une journée de canicule coûte à notre économie le même prix qu'une demi-journée de grève » [00:21:35].
- En conclusion, après avoir jugé la question posée « très cinquième République » : « Ce sera la présidence, vous l'avez compris, des petites et moyennes entreprises » [02:57:17].