Édouard Philippe
Candidat·e · Horizons
Naissance : 28 novembre 1970 (55 ans)
Édouard Philippe, né le 28 novembre 1970 à Rouen (Seine-Maritime), est un homme d'État français. Il est Premier ministre du 15 mai 2017 au 3 juillet 2020.
Source : fr.wikipedia.org (texte sous licence CC BY-SA)
Ce qu'il ou elle nous dit, prise de parole par prise de parole
think tank de Jean-Michel Blanquer
samedi 29 août 2026 à 17 h · LCI
Édouard Philippe (Horizons) — synthèse de ses interventions
Contexte
Invité face à François Hollande dans une émission LCI enregistrée en public, Édouard Philippe s'exprime longuement sur les finances publiques, l'immigration, la structuration du camp de la droite et du centre, et son propre parcours. Il se présente comme candidat déclaré et rappelle avoir été Premier ministre « 3 ans et 3 mois » et être maire du Havre depuis 16 ans.
Positions défendues
Finances publiques et dette
- Il décrit la situation comme un risque double : un « choc brutal » à la grecque, écarté à court terme, et surtout un étranglement progressif des marges de manœuvre du pays.
- Il refuse la voie fiscale comme point de départ : selon lui, augmenter les impôts ne procurerait pas les recettes attendues et découragerait la création de richesses, la France étant soumise à la compétition internationale et à la mobilité des actifs.
- Il désigne la dépense sociale comme la masse qui progresse le plus vite et affirme qu'une partie du déficit de l'État correspond en réalité au financement de dépenses sociales.
- Il conteste l'affirmation selon laquelle les comptes sociaux étaient à l'équilibre en 2017, tout en reconnaissant que le déficit avait alors baissé.
- Il cite l'Italie comme exemple de redressement obtenu après « dix ou quinze ans d'efforts de maîtrise de leurs comptes ».
- Il souligne que le taux d'emploi des seniors français est très inférieur à celui de ses voisins et que le taux d'emploi des jeunes se situe dans la moyenne de l'UE.
Immigration
- Après un déplacement à Mayotte, il défend l'interruption de toutes les voies d'immigration dans ce département, au titre d'une crise migratoire qu'il juge sans équivalent, aggravée par le cyclone Chido.
- Il refuse d'étendre ce moratoire au niveau national : il veut continuer à délivrer des titres de séjour aux étudiants étrangers et à l'immigration de travail, tout en étant « infiniment plus ferme » sur l'immigration illégale.
- Il plaide pour l'usage de tous les instruments du droit communautaire, un rapport de force avec les États qui ne délivrent pas de laissez-passer consulaires, et le retour au droit commun s'agissant de l'accord franco-algérien de 1968.
Vie politique et rassemblement
- Il se définit comme « un homme de droite qui veut rassembler la droite et le centre », sans hostilité envers une gauche qu'il qualifie de républicaine.
- Il refuse d'attaquer Gabriel Attal ou Bruno Retailleau, privilégiant les convergences programmatiques de son camp.
- Il estime que le risque des extrêmes se conjure par des propositions sur l'école, la compétitivité, la justice, la défense et l'adaptation au changement climatique, plutôt que par le positionnement tactique.
Propositions évoquées
- Réduire, et non seulement contenir, la dépense sociale ; travailler plus longtemps.
- Relancer la croissance et la production comme levier prioritaire.
- Réforme de l'apprentissage, dont il regrette l'affaiblissement récent.
- Investissements et innovations d'adaptation au risque de submersion marine, en citant l'exemple du Havre.
Échanges marquants
- « Ce sera soit le lancinant étranglement, soit le choc brutal. Je n'espère évidemment ni l'un ni l'autre, mais je redoute l'un et l'autre. » [00:03:38]
- Interrogé sur le sens du mot « contenir » : « Ça veut dire réduire. » [00:10:52]
- « Nous devons choisir notre immigration, mais nous aurons besoin d'immigration pour des raisons liées au travail, pour des raisons liées aux études. » [00:30:13]
- Sur un second tour : « Je ne voterai jamais pour un candidat qui s'affiche sous l'étiquette Rassemblement national. » [00:50:08]
- Sur l'expérience : « La question, ça n'est pas le CV. La question, c'est la personnalité, le caractère (…) et ce que l'on propose aux Français. » [01:12:29]
Il reproche par ailleurs à François Hollande de ne pas avoir appliqué, lors des législatives de 2024 et des municipales, la ligne de rupture avec LFI qu'il préconise.
Débat devant le Medef
jeudi 27 août 2026 à 16 h 30 · LCI
Contexte
Édouard Philippe intervient tout au long de ce débat organisé par le MEDEF et LCI, réunissant sept candidats. Il prend la parole en troisième position lors des propos introductifs, puis sur chacun des thèmes abordés (dette, réindustrialisation, coût du travail, normes, fiscalité).
Diagnostic et positions défendues
- État de l'économie : il décrit des entreprises « inquiètes », un « refus d'investir » et des difficultés de recrutement, tout en refusant de s'en tenir au constat : « je suis convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas » [00:11:08].
- Trois conditions posées en introduction : des comptes publics en ordre, la liberté laissée aux entreprises de créer de la richesse, une grande politique d'infrastructures.
- Dette : il qualifie la proposition d'annulation défendue par Jean-Luc Mélenchon d'« extrêmement dangereuse », évoque le précédent grec et un risque de « lent étranglement » du pays.
- Dépense sociale : il la présente comme le poste où la France dépense le plus par rapport à ses voisins, citant un écart de 3 points de PIB avec l'Allemagne sur les retraites.
- Coût du travail : il souligne un écart de compétitivité surtout au-delà de 2,5 fois le SMIC, sur les emplois qualifiés. Il développe une lecture historique du salaire médian (15 ans pour doubler son niveau de vie dans les années 1950, une vie de travail dans les années 1990, deux aujourd'hui) et en tire une conclusion démocratique.
- Europe : il plaide pour une « logique de puissance », l'achèvement du marché commun et l'Union des marchés de capitaux, et critique l'accord commercial signé par Ursula von der Leyen avec Donald Trump.
Propositions
- Suppression de 50 milliards d'euros d'impôts de production, financée par la suppression de 50 milliards d'aides aux entreprises.
- Maintien intégral du pacte Dutreil et fin de la surtaxe sur les grandes entreprises.
- Allongement de la durée du travail, « plus pour ceux qui le peuvent », en tenant compte de la réalité des métiers ; instauration d'une règle contraignant le Parlement à l'équilibre des finances publiques (« quelque chose qui s'apparente à une règle d'or »).
- Moratoire normatif après l'adoption du premier budget, ordonnances de suppression de normes, interdiction des sur-transpositions de directives européennes. Il indique avoir chargé Christelle Morançais d'une tournée auprès des acteurs économiques pour identifier les textes à modifier.
- Élargissement de l'assiette de financement de la protection sociale, pour qu'elle ne repose plus quasi exclusivement sur le travail.
- Obligation pour les entreprises chinoises de produire dans la zone euro les biens qu'elles y commercialisent ; fermeté européenne sur les petits colis.
- Priorité à la formation, à l'éducation et à l'apprentissage, dont il déplore la remise en cause de la réforme.
Échanges marquants
- Avec Jean-Luc Mélenchon, sur l'annulation de la dette : « Vous expliquez qu'on va brûler la dette et vous allez faire en sorte que la France finisse interdit bancaire » [00:31:11].
- Sur le financement des comptes publics : « Ces comptes en ordre ils doivent être remis en ordre non pas en augmentant les impôts mais en acceptant collectivement de travailler plus » [00:11:41].
- Sur le pouvoir d'achat : « il n'y a pas d'exemple de démocratie qui résiste à l'affaiblissement durable des classes moyennes populaires » [01:49:38].
- Avec Marine Le Pen, qui l'interroge sur ses écrits relatifs à la simplification, il conteste l'interprétation donnée et explique que les normes naissent souvent d'une demande, d'un accident ou d'un scandale.
- Sur l'Europe : « Je préfère mille fois ce qu'a dit le Premier ministre canadien au traité piteux que Mme von der Leyen a été signer en Écosse avec M. Trump » [01:19:33].
Conclusion
Interrogé sur sa première décision en cas d'élection, il répond qu'il faudra réviser le budget qui aura été adopté, jugé par avance incohérent faute de majorité, et « remettre de l'ordre » dans le dispositif budgétaire. Il termine sur un appel à la confiance, évoquant les « pépites » rencontrées dans les territoires.