think tank de Jean-Michel Blanquer
samedi 29 août 2026 à 17 h · LCI · 60 min
L'ancien président de la République et le candidat annoncé à l'élection de 2027 participent à un débat, diffusé sur LCI.
Ce face-à-face se déroule à l'occasion des journées d’été du think tank de Jean-Michel Blanquer, organisées à Sens dans l'Yonne, et rassemblant des figures allant de la gauche modérée à la droite.
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Participant·es : Édouard Philippe (Candidat·e · Horizons) · François Hollande (Personnalité politique · Parti Socialiste)
Synthèse par participant·e
Synthèses rédigées automatiquement à partir de la retranscription, puis relues et corrigées avant publication. Les horodatages renvoient au début de l'enregistrement.
Édouard Philippe
Candidat·e · Horizons
Édouard Philippe (Horizons) — synthèse de ses interventions
Contexte
Invité face à François Hollande dans une émission LCI enregistrée en public, Édouard Philippe s'exprime longuement sur les finances publiques, l'immigration, la structuration du camp de la droite et du centre, et son propre parcours. Il se présente comme candidat déclaré et rappelle avoir été Premier ministre « 3 ans et 3 mois » et être maire du Havre depuis 16 ans.
Positions défendues
Finances publiques et dette
- Il décrit la situation comme un risque double : un « choc brutal » à la grecque, écarté à court terme, et surtout un étranglement progressif des marges de manœuvre du pays.
- Il refuse la voie fiscale comme point de départ : selon lui, augmenter les impôts ne procurerait pas les recettes attendues et découragerait la création de richesses, la France étant soumise à la compétition internationale et à la mobilité des actifs.
- Il désigne la dépense sociale comme la masse qui progresse le plus vite et affirme qu'une partie du déficit de l'État correspond en réalité au financement de dépenses sociales.
- Il conteste l'affirmation selon laquelle les comptes sociaux étaient à l'équilibre en 2017, tout en reconnaissant que le déficit avait alors baissé.
- Il cite l'Italie comme exemple de redressement obtenu après « dix ou quinze ans d'efforts de maîtrise de leurs comptes ».
- Il souligne que le taux d'emploi des seniors français est très inférieur à celui de ses voisins et que le taux d'emploi des jeunes se situe dans la moyenne de l'UE.
Immigration
- Après un déplacement à Mayotte, il défend l'interruption de toutes les voies d'immigration dans ce département, au titre d'une crise migratoire qu'il juge sans équivalent, aggravée par le cyclone Chido.
- Il refuse d'étendre ce moratoire au niveau national : il veut continuer à délivrer des titres de séjour aux étudiants étrangers et à l'immigration de travail, tout en étant « infiniment plus ferme » sur l'immigration illégale.
- Il plaide pour l'usage de tous les instruments du droit communautaire, un rapport de force avec les États qui ne délivrent pas de laissez-passer consulaires, et le retour au droit commun s'agissant de l'accord franco-algérien de 1968.
Vie politique et rassemblement
- Il se définit comme « un homme de droite qui veut rassembler la droite et le centre », sans hostilité envers une gauche qu'il qualifie de républicaine.
- Il refuse d'attaquer Gabriel Attal ou Bruno Retailleau, privilégiant les convergences programmatiques de son camp.
- Il estime que le risque des extrêmes se conjure par des propositions sur l'école, la compétitivité, la justice, la défense et l'adaptation au changement climatique, plutôt que par le positionnement tactique.
Propositions évoquées
- Réduire, et non seulement contenir, la dépense sociale ; travailler plus longtemps.
- Relancer la croissance et la production comme levier prioritaire.
- Réforme de l'apprentissage, dont il regrette l'affaiblissement récent.
- Investissements et innovations d'adaptation au risque de submersion marine, en citant l'exemple du Havre.
Échanges marquants
- « Ce sera soit le lancinant étranglement, soit le choc brutal. Je n'espère évidemment ni l'un ni l'autre, mais je redoute l'un et l'autre. » [00:03:38]
- Interrogé sur le sens du mot « contenir » : « Ça veut dire réduire. » [00:10:52]
- « Nous devons choisir notre immigration, mais nous aurons besoin d'immigration pour des raisons liées au travail, pour des raisons liées aux études. » [00:30:13]
- Sur un second tour : « Je ne voterai jamais pour un candidat qui s'affiche sous l'étiquette Rassemblement national. » [00:50:08]
- Sur l'expérience : « La question, ça n'est pas le CV. La question, c'est la personnalité, le caractère (…) et ce que l'on propose aux Français. » [01:12:29]
Il reproche par ailleurs à François Hollande de ne pas avoir appliqué, lors des législatives de 2024 et des municipales, la ligne de rupture avec LFI qu'il préconise.
François Hollande
Personnalité politique · Parti Socialiste
François Hollande — synthèse de ses interventions
Diagnostic économique
- Il décrit une situation d'endettement dégradée depuis son mandat : une dette publique passée d'environ 90 % du PIB en 2012 à « près de 120 % » aujourd'hui, avec une différence majeure selon lui — les taux d'intérêt étaient alors quasi nuls.
- Il souligne que l'écart de taux ne se mesure plus avec l'Allemagne mais avec l'Italie, l'Espagne, la Grèce et le Portugal, et cite le Financial Times évoquant la France comme nouveau « point central des préoccupations ».
- Il identifie la contrainte principale non dans la Commission européenne ou le FMI, mais dans les marchés : « Ce sont les taux d'intérêt qui viennent chambouler, bousculer même la préparation du budget. » [00:06:47]
- Il distingue les masses : environ 20 à 25 milliards de déficit pour les comptes sociaux, contre 150 milliards pour l'État — point contesté par Édouard Philippe, qui rappelle que le budget de l'État finance en partie la dépense sociale.
Propositions et méthode
- Une trajectoire pluriannuelle de 120 milliards d'euros d'ici 2032, répartie « à moitié par la fiscalité, à moitié par les économies sur les dépenses ».
- Il assume une hausse des prélèvements : contribution des « plus favorisés », des revenus du capital, des entreprises, et un effort demandé à tous. Il critique 60 milliards de baisses d'impôts non financées (taxe d'habitation, redevance, suppression de l'ISF).
- Sur la désindexation des pensions : envisageable si elle est partielle et intégrée à un plan global comportant une garantie de minimum d'indexation et une justice fiscale ; il rappelle avoir procédé à une désindexation totale en 2014.
- Il se dit opposé à l'inscription d'une règle d'or dans la Constitution : « c'est pas une affaire juridique, c'est pas une affaire d'inscription dans la Constitution, c'est une affaire politique. » [00:22:52]
- Il désigne la jeunesse comme priorité, citant 1,5 million de jeunes de 15 à 30 ans sans emploi ni formation, et plaide pour l'investissement dans l'IA, l'électrification et la décarbonation face à une productivité stagnante depuis 2017.
Immigration
- Il défend une réponse européenne : mise en œuvre du pacte asile-migration, accélération des délais d'instruction, négociation des laissez-passer consulaires en lien avec l'aide au développement et les relations commerciales.
- Il rejette les « hubs de renvoi » vers des pays tiers, citant les échecs albanais et rwandais, et s'oppose à la suspension de l'accord franco-algérien de 1968, préférant une négociation ferme ; il demande la libération de Christophe Gleizes.
- « Tous ceux qui vous diront qu'on peut régler seuls, la question de l'immigration, vous mentirons. » [00:35:46]
Échanges marquants
- Il appelle à une « union sacrée des démocrates », désignant le RN et LFI comme forces qui divisent tout en leur reconnaissant une participation à la vie démocratique. Édouard Philippe lui oppose les accords électoraux de 2024, ce à quoi il répond avoir soutenu le Nouveau Front populaire mais « jamais pour LFI ».
- Il refuse de trancher un hypothétique second tour Mélenchon–Philippe, jugeant l'hypothèse « impensable et improbable ».
- Sur le passé : « Et ce qu'il faut dire aux Français, c'est pas qu'on vous prépare une purge » [00:07:34] ; il revendique la retraite à 60 ans de 1981 et le tournant européen de 1983.
- Sur sa candidature, il se dit dans une position différente d'Édouard Philippe et conclut : « j'attendrai le mois de décembre pour vous donner la réponse » [01:09:56], critiquant au passage les primaires comme « procédure qui divise » et plaidant pour une présidence qui « laisse gouverner ».