Sébastien Lecornu
Personnalité politique · Renaissance
Naissance : 11 juin 1986 (40 ans)
Sébastien Lecornu, né le 11 juin 1986 à Eaubonne (Val-d'Oise), est un homme d'État français, Premier ministre depuis le 9 septembre 2025.
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Ce qu'il ou elle nous dit, prise de parole par prise de parole
Débat entre S. Lecornu et J.-M. Blanquer
samedi 29 août 2026 à 10 h 29 · LCI
Contexte de l'intervention
Sébastien Lecornu, Premier ministre, s'exprime en public à Sens, dans le cadre du Laboratoire de la République animé par Jean-Michel Blanquer, face au journaliste Darius Rochebin. L'échange porte sur le budget, la protection sociale, la défense, le cyber, l'immigration et la campagne de 2027.
Positions défendues
- Priorité au budget : il décrit un « grand désordre international » (fermeture d'Ormuz et crise énergétique, inflation importée, Ukraine, mi-mandats américains, marchés obligataires) et estime qu'il ne faut pas y ajouter un désordre domestique. Il chiffre la hausse de la charge des intérêts de la dette à l'équivalent du budget du ministère de la Justice pour l'année suivante.
- Distinction « difficile » / « brutale » : selon lui, des mesures de redressement prises dès cet automne resteraient difficiles ; leur report contraindrait la prochaine équipe, quelle qu'elle soit, à des mesures brutales.
- Stabilité fiscale : il exclut une hausse des impôts dans la copie budgétaire, jugeant qu'il revient au peuple français de trancher la question des prélèvements obligatoires lors de la présidentielle, et estimant qu'un mouvement fiscal brutal anéantirait le reste de croissance.
- Compromis et censure : il distingue « concession » et « compromis », rappelle avoir suspendu (et non abrogé) la réforme des retraites, dit avoir affronté 14 ou 15 motions de censure et présenté une fois sa démission.
- Dette et proposition de Jean-Luc Mélenchon : il qualifie l'idée d'un gel de la dette de faute morale, de manœuvre visant selon lui à fragiliser la zone euro, et de « faute patriotique » au regard de la crédibilité de la signature française.
- Défense et Ukraine : il refuse « l'escalade verbale » avec Moscou, affirme que la France n'est pas en guerre avec la Russie mais se situe dans une phase de « contestation », et rappelle le soutien matériel (défense sol-air, missiles Mistral et Aster, Rafale) autour de l'enjeu de maîtrise du ciel. Il défend la position d'« allié mais non aligné » vis-à-vis des États-Unis et juge irréversible leur pivot vers le Pacifique. Il refuse de répondre sur le survol du territoire par des avions américains, invoquant le secret d'État.
- Rassemblement national : il le qualifie d'adversaire politique et non d'ennemi, « mon seul adversaire politique réel », estime que son héritage ne correspond pas à sa conception des valeurs républicaines, et défend le respect protocolaire des élus.
- Candidature : il exclut d'être candidat en 2027, positionnant son gouvernement comme « de mission » et non « de campagne ».
Propositions et pistes évoquées
- Adoption d'un budget avant le 1er janvier, avec présentation des textes fin septembre puis trois mois de débat parlementaire, sans recours privilégié aux ordonnances ou au 49-3.
- Sur les retraites : gel, sous-indexation ou désindexation présentés comme des pistes « sur la table », transitoires, sans s'y enfermer.
- Ouverture d'une négociation avec les partenaires sociaux sur les arrêts maladie (4 à 5 milliards d'euros de hausse depuis le Covid).
- Réexamen du service médical rendu des médicaments, dans un contexte de traitements très coûteux ; discussions également sur les collectivités territoriales.
- Cybersécurité : montée en puissance après l'attaque de la DGFiP, généralisation de la double authentification, crédits débloqués, insistance sur « l'hygiène numérique ».
- Lutte contre les ingérences : renforcement des capacités d'attribution, vigilance sur les ingérences non numériques et sur les « mercenaires numériques » privés.
Échanges marquants
- « Je vais être direct, il faut un budget. » [00:03:10]
- « De toute façon, la censure, non seulement je m'y suis préparé, mais je vis avec, et le gouvernement, s'il tombe, il tombera. » [00:06:55]
- « C'est la différence entre difficile et brutale. » [00:05:50]
- « Je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle. » [01:03:04]